{"id":7607,"date":"2023-12-22T15:55:47","date_gmt":"2023-12-22T13:55:47","guid":{"rendered":"http:\/\/www.italia.listephoenix.com\/?page_id=7607"},"modified":"2024-03-16T15:34:47","modified_gmt":"2024-03-16T13:34:47","slug":"iles-corses","status":"publish","type":"page","link":"http:\/\/www.italia.listephoenix.com\/?page_id=7607","title":{"rendered":"Insularit\u00e9 et hagiographie"},"content":{"rendered":"\n<p><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"723\" height=\"1024\" src=\"http:\/\/www.italia.listephoenix.com\/wp-content\/uploads\/2023\/12\/Article-Toponymie-723x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-7615\" style=\"width:301px;height:auto\" srcset=\"http:\/\/www.italia.listephoenix.com\/wp-content\/uploads\/2023\/12\/Article-Toponymie-723x1024.jpg 723w, http:\/\/www.italia.listephoenix.com\/wp-content\/uploads\/2023\/12\/Article-Toponymie-212x300.jpg 212w, http:\/\/www.italia.listephoenix.com\/wp-content\/uploads\/2023\/12\/Article-Toponymie-106x150.jpg 106w, http:\/\/www.italia.listephoenix.com\/wp-content\/uploads\/2023\/12\/Article-Toponymie-768x1088.jpg 768w, http:\/\/www.italia.listephoenix.com\/wp-content\/uploads\/2023\/12\/Article-Toponymie.jpg 793w\" sizes=\"auto, (max-width: 723px) 100vw, 723px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>CASTELLANA Robert. TOPONYMIE L\u00c9GENDAIRE DES ILES CORSES. Actes des 3\u00b0 Journ\u00e9es Universitaires Corses de Nice, 19-20 mai 1995, Nice, Centre d&rsquo;Etudes Corses, UNSA, 1996, ISBN 2-9508315-1-6, pp 99-105. Edition originale r\u00e9vis\u00e9e et enrichie d\u2019illustrations in\u00e9dites.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-resized\"><a href=\"http:\/\/www.adecec.net\/parutions\/pdf\/toponymie-l%C3%A9gendaire-des-%C3%AEles-corses.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"411\" height=\"380\" src=\"http:\/\/www.italia.listephoenix.com\/wp-content\/uploads\/2023\/12\/logo-pdf-1.gif\" alt=\"\" class=\"wp-image-7640\" style=\"width:71px;height:auto\"\/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Les habitants de Kurnos racontent qu&rsquo;un jour un navire coula dans la temp\u00eate et qu&rsquo;un tr\u00e8s bon nageur [&#8230;] r\u00e9ussit \u00e0 s&rsquo;accrocher \u00e0 des rochers du rivage [&#8230;] Mais un monstre marin l&rsquo;aper\u00e7ut&nbsp;: pouss\u00e9 par la faim, il tourna autour, se ramassa sur lui m\u00eame et de sa queue poussa une vague \u00e9norme et s&rsquo;y laissa emporter. Il atteignit le promontoire et comme l&rsquo;ouragan et la trombe s&#8217;empara de l&rsquo;homme.\u00a0\u00bb Aelien 15, 2<a href=\"#_ftn1\" id=\"_ftnref1\">[1]<\/a><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Du nom des \u00eeles<\/h2>\n\n\n\n<p>Au moyen-\u00e2ge, la \u00ab\u00a0L\u00e9gende Dor\u00e9e\u00a0\u00bb des \u00eeles annonce l&rsquo;\u00e9mergence d\u2019un th\u00e8me majeur de la modernit\u00e9, celui de l&rsquo;exil insulaire, ici un exil volontaire \u2013revendiqu\u00e9 par les tenants d&rsquo;une mystique de l&rsquo;asc\u00e9tisme, et qui n&rsquo;est pas \u00e0 proprement parler une id\u00e9e chr\u00e9tienne&nbsp;: \u201cAujourd\u2019hui le monde est plein de r\u00e9fugi\u00e9s appartenant aux diverses nations de l\u2019Europe. Ils sont surtout r\u00e9pandus dans les \u00eeles que la nature semble depuis longtemps avoir destin\u00e9es \u00e0 cela, notait ainsi GREGOROVIUS au cours de son voyage en Corse au si\u00e8cle dernier. Il y en a beaucoup aux \u00eeles Ioniennes, dans les \u00eeles de la Gr\u00e8ce; un grand nombre vivent en Sardaigne et en Corse, d\u2019autres dans les \u00eeles de la Normandie, la plupart en Angleterre. Ces proscrits subissent le sort des peuples de l\u2019Europe: quelque soit la diff\u00e9rence des lieux, le bannissement politique est chez ces peuples aussi ancien que l&rsquo;histoire de leurs \u00c9tats&nbsp;; c\u2019est comme une fatalit\u00e9. En les voyant je me rappelais l\u2019\u00e9poque o\u00f9 les \u00eeles de la M\u00e9diterran\u00e9e, Samos, D\u00e9los, Egine, Corcyre, Lesbos, Rhodes, servaient d\u2019asile aux r\u00e9fugi\u00e9s politiques de la Gr\u00e8ce, que les r\u00e9volutions avaient chass\u00e9s d\u2019Ath\u00e8nes ou de Th\u00e8bes, de Corinthe ou de Sparte; je songeais aux nombreux exil\u00e9s que Rome avait au temps des C\u00e9sars, confin\u00e9s dans les \u00eeles, Aggripa Posthumus \u00e0 Planasia, le philosophe S\u00e9n\u00e8que en Corse.\u00a0\u00bb<a id=\"_ftnref2\" href=\"#_ftn2\">[2]<\/a> La place hautement symbolique de l\u2019insularit\u00e9 demeure toujours vivante dans la culture de l&rsquo;Occident. Le nom m\u00eame des \u00eeles y participe, non tant du point de vue du linguiste que de celui de l&rsquo;ethnologue, lorsqu&rsquo;il s&rsquo;attache au registre des \u00e9tymologies \u00ab\u00a0populaires\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0l\u00e9gendaires\u00a0\u00bb. C\u2019est le propos de cet article, qui s\u2019attache plus particuli\u00e8rement au lexique des \u00eeles voisines de la Corse.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">L&rsquo;archipel corse<\/h2>\n\n\n\n<p>Les c\u00f4tes de la Corse nous confrontent \u00e0 un vaste archipel, g\u00e9n\u00e9ralement m\u00e9connu. Sur la centaine d&rsquo;\u00eeles qui le composent, la plupart ne sont en effet que des rochers en mer, voire de simples r\u00e9cifs, aux dimensions exigu\u00ebs, composant toutefois un v\u00e9ritable microcosme. Elles ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9cemment qualifi\u00e9es d\u2019Iles \u00ab\u00a0satellites\u00a0\u00bb par les g\u00e9ographes italiens<a href=\"#_ftn3\" id=\"_ftnref3\">[3]<\/a>. Dans un m\u00eame registre c\u00e9leste, on pourrait invoquer l&rsquo;image d&rsquo;une \u00ab\u00a0n\u00e9buleuse\u00a0\u00bb. La toponymie de ces \u00eelots compose en effet un lexique impr\u00e9cis et mouvant, aux contours mal d\u00e9finis, riche en variantes et variations.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Un lexique insulaire<\/h2>\n\n\n\n<p>On rencontre par exemple, dans le port de Bastia, un r\u00e9cif dit du lion&nbsp;: \u00ab\u00a0le c\u00e9l\u00e8bre <em>Leone<\/em>, noir rocher tachet\u00e9 de lichens blancs et de mousse\u00a0\u00bb<a id=\"_ftnref4\" href=\"#_ftn4\">[4]<\/a>, d\u00e9truit au si\u00e8cle dernier mais qui survit au travers des r\u00e9cits des voyageurs et des lithographies de l&rsquo;\u00e9poque. S&rsquo;il semble devoir sa d\u00e9nomination \u00e0 sa forme, que faut-il penser de cet autre rocher, dit de <em>L\u00e9on<\/em> et sis dans le port de Calvi, dont le nom viendrait d&rsquo;un p\u00eacheur ayant coutume d&rsquo;y attacher son filet au d\u00e9but du si\u00e8cle&nbsp;? Modeste r\u00e9cif de la r\u00e9gion d&rsquo;Erbalunga, <em>A Zecche<\/em> rel\u00e8ve d\u2019une m\u00eame pluralit\u00e9 d\u2019interpr\u00e9tations. S&rsquo;agit-il d\u2019un mot corse d\u00e9signant la tique ou, suivant une autre \u00e9tymologie populaire, de ce m\u00eame rocher (disparu) du port de Menton, appel\u00e9 <em>A Secca<\/em> \u201cparce qu\u2019il \u00e9tait \u00e0 sec\u201d? Nous chercherons ici, \u00e0 montrer que ces interpr\u00e9tations divergentes se rejoignent, dans une m\u00eame tentative de recherche d&rsquo;un sens qui pose probl\u00e8me, parce qu&rsquo;oubli\u00e9. Les deux exemples pr\u00e9c\u00e9dents laissent penser, de ce point de vue, \u00e0 l&rsquo;existence d&rsquo;un lexique allog\u00e8ne, dont les origines sont vraisemblablement li\u00e9es \u00e0 l\u2019histoire de la navigation.<\/p>\n\n\n\n<p>Les premi\u00e8res mentions de ces \u00eelots et rochers en mer apparaissent en effet d\u00e9s le XVI\u00b0 si\u00e8cle et parfois plus t\u00f4t, sur les cartes marines<a id=\"_ftnref5\" href=\"#_ftn5\">[5]<\/a>. Pr\u00e9cieux rep\u00e8res pour les marins, une partie d&rsquo;entre eux doivent aussi leur d\u00e9nomination aux p\u00eacheurs, pour des raisons analogues. Certains de ces toponymes se retrouvent par ailleurs d\u00e8s l&rsquo;antiquit\u00e9 grecque et romaine. Nous pr\u00e9tendons donc qu\u2019ils pourraient s\u2019\u00eatre conserv\u00e9s, bien qu&rsquo;on n&rsquo;en comprenne plus la signification originelle, au travers d&rsquo;incessantes tentatives de r\u00e9-appropriation et de r\u00e9-interpr\u00e9tation. Les recueils de cette toponymie insulaire posent toutefois probl\u00e8me, car rares et sujets \u00e0 caution. En Corse par exemple, le recensement des \u00eelots ne devient exhaustif qu&rsquo;au XVIII\u00b0 si\u00e8cle, avec des relev\u00e9s comme ceux de Belin. M\u00eame si, plus r\u00e9cemment, une publication de l&rsquo;Istituto Geografico Militare italien a tent\u00e9 de faire le point sur la question, ces relev\u00e9s ne donnent ni leurs sources, ni les variantes rencontr\u00e9es. On peut ainsi supposer, pour une part de ces d\u00e9nominations, l&#8217;emprunt \u00e0 un accident de relief voisin, cap ou promontoire c\u00f4tier par exemple, plut\u00f4t qu&rsquo;\u00e0 une tradition locale ou maritime.<\/p>\n\n\n\n<p>Malgr\u00e9 ces quelques restrictions, nous partirons ici pour une \u00e9ni\u00e8me qu\u00eate de ce sens perdu, arm\u00e9s des ressources du comparatisme -en l&rsquo;absence d&rsquo;\u00e9tudes locales d\u00e9taill\u00e9es permettant d&rsquo;enrichir et de fonder, sur des bases plus solides, une interpr\u00e9tation globale d&rsquo;un lexique particuli\u00e8rement riche et original<a href=\"#_ftn6\" id=\"_ftnref6\">[6]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Le folklore de la mer<\/h2>\n\n\n\n<p>L\u2019hypoth\u00e8se d\u2019une dimension l\u00e9gendaire de la toponymie insulaire prend place dans le cadre d&rsquo;un folklore de la mer, dont l&rsquo;Essai Ligure de SCHMUCKHER<a id=\"_ftnref7\" href=\"#_ftn7\">[7]<\/a> offre une bonne illustration. <em>A sciabra di Rolando<\/em>, cette montagne fendue que les marins g\u00e9nois ne manquaient pas d&rsquo;\u00e9voquer en vue de la c\u00f4te d&rsquo;Espagne, aurait ainsi \u00e9t\u00e9 fendue en deux par le chevalier, pris de fureur car elle lui barrait le passage, selon l&rsquo;\u00e9pop\u00e9e du mythique neveu de Charlemagne, Roland. Un peu plus loin, au large de Carthag\u00e8ne, pr\u00e9s du <em>Capo di Gata<\/em>, on rencontrait la <em>Mensa di Rolando,<\/em> la table o\u00f9 le h\u00e9ros s&rsquo;\u00e9tait arr\u00eat\u00e9 pour manger, une montagne aplatie aupr\u00e8s d&rsquo;une tour qui lui avait aussi servi de tasse. C\u2019est par la toponymie que nous nous proposons d\u2019aborder ce folklore l\u00e9gendaire des \u00eeles. Deux grandes figures se d\u00e9tachent, dans cette perspective, des d\u00e9nominations des \u00eeles corses, rejoignant en cela l&rsquo;ensemble du corpus insulaire&nbsp;: le Bestiaire et l&rsquo;Hagiographie. C\u2019est au travers de ces \u00ab\u00a0Isles aux saints\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0aux b\u00eates\u00a0\u00bb, que notre interpr\u00e9tation d\u00e9roulera ses registres, afin de prendre en compte cette pluralit\u00e9 du sens relev\u00e9e pr\u00e9c\u00e9demment.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Une \u00e9tiologie insulaire<\/h2>\n\n\n\n<p>Le Bestiaire des \u00eeles semble bien souvent relever d&rsquo;un processus plus large, que l\u2019on pourrait qualifier d\u2019\u00e9tiologique. On peut mentionner \u00e0 ce propos des particularit\u00e9s physiques comme la couleur de \u00ab\u00a0l&rsquo;\u00eeleRousse\u00a0\u00bb<a id=\"_ftnref8\" href=\"#_ftn8\">[8]<\/a> ou la forme de ces \u00ab\u00a0\u00eeles plates\u00a0\u00bb, <em>Piana<\/em> ou <em>Pianosa<\/em> et \u00ab\u00a0tabulaires\u00a0\u00bb telle la <em>Tavolara<\/em> sarde. Citons encore les \u00ab\u00a0Sept navires\u00a0\u00bb (les <em>Sette Nave<\/em> d&rsquo;Ajaccio) ainsi que l&rsquo;\u00eele aux coquillages d\u2019Aleria -dite aussi \u00ab\u00a0\u00eele des P\u00eacheurs\u00a0\u00bb. C&rsquo;est aussi le \u00ab\u00a0grain de sable\u00a0\u00bb, qui fait allusion \u00e0 l&rsquo;aspect d&rsquo;un rocher voisin de Bonifacio, dont le nom corse de <em>Dittone<\/em> -le pouce<a id=\"_ftnref9\" href=\"#_ftn9\">[9]<\/a>, \u00e9voque par contre une dimension peut-\u00eatre l\u00e9gendaire. Ce sont enfin les \u00eeles <em>Finocchiaruolo<\/em>, \u00e0 la pointe du Cap-Corse, une d\u00e9nomination tr\u00e8s ancienne<a id=\"_ftnref10\" href=\"#_ftn10\">[10]<\/a>, indice d&rsquo;une probable pr\u00e9sence de fenouil -en italien <em>finocchio<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Le bestiaire des \u00eeles<\/h2>\n\n\n\n<p>Parmi ces toponymes faisant r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 des caract\u00e9ristiques physiques ou naturelles des \u00eeles, nombre d\u2019entre eux rel\u00e8vent du domaine du bestiaire. A l&rsquo;image des \u00eeles au fenouil, ce bestiaire semble rendre compte, en partie au moins, de formes d\u2019end\u00e9misme insulaire. Les \u00ab\u00a0\u00eeles aux lapins\u00a0\u00bb, qu&rsquo;\u00e9voquait d\u00e9j\u00e0 ici m\u00eame Pline l&rsquo;Ancien, entrent dans ce cadre<a id=\"_ftnref11\" href=\"#_ftn11\">[11]<\/a>: \u00ab\u00a0La Sardaigne est \u00e9loign\u00e9e (&#8230;) de la Corse (&#8230;) par des petites \u00eeles appel\u00e9es <em>Cuniculaires<\/em> mais aussi par les \u00eeles <em>Phinton<\/em>, et <em>Fossa<\/em> qui a donn\u00e9 au d\u00e9troit le nom de <em>Taphros<\/em>.\u00a0\u00bb Ces \u00ab\u00a0Cunigli\u00e8res\u00a0\u00bb (du latin <em>cuniculus<\/em>), ont disparu de la cartographie moderne, partageant le destin de maint autre toponyme antique. Voire&#8230; Dans cette m\u00eame r\u00e9gion les \u00eeles <em>Rattino<\/em><a id=\"_ftnref12\" href=\"#_ftn12\">[12]<\/a>, dont le nom semble venir de l&rsquo;italien <em>ratto<\/em>, le rat, sont en effet d\u00e9crites par les voyageurs du 18\u00b0 si\u00e8cle colonis\u00e9es par une esp\u00e8ce inconnue de rongeurs. En seraient-elles une ultime survivance, comme cette \u00eele <em>Saint-Pierre<\/em>, en Sardaigne, en laquelle&nbsp;: \u00ab\u00a0Ind\u00e9pendamment de l&rsquo;aridit\u00e9 du sol, l&rsquo;innombrable multitude de lapins destructeurs et toujours renaissants, nuit \u00e0 la culture.\u00a0\u00bb<a id=\"_ftnref13\" href=\"#_ftn13\">[13]<\/a> Quand \u00e0 la d\u00e9nomination, ancienne, des \u00eeles des Moines<a id=\"_ftnref14\" href=\"#_ftn14\">[14]<\/a>, <em>I Monachi<\/em>, elle pourrait faire allusion \u00e0 la pr\u00e9sence d&rsquo;ermites ou de moines sur ces \u00eelots -on les trouve ainsi baptis\u00e9es <em>i prete.<\/em> Mais les lieux plaident plut\u00f4t en faveur du surnom tr\u00e8s r\u00e9pandu que l&rsquo;on donne \u00e0 une vari\u00e9t\u00e9 de phoques. Le bestiaire est \u00e0 nouveau mis \u00e0 l&rsquo;amende pour d\u00e9signer l&rsquo;\u00eelot de la <em>Margunagha<\/em>, \u00e0 Erbalunga, peut \u00eatre issu du corse \u201ci margoni\u201d, les cormorans, comme \u00e0 Ajaccio, o\u00f9 les \u00eeles Sanguinaires connaissent un rocher des <em>Cormorans<\/em>. D&rsquo;autres r\u00e9cifs de ce m\u00eame golfe d&rsquo;Ajaccio sont rapport\u00e9s comme <em>Sardinoires<\/em><a id=\"_ftnref15\" href=\"#_ftn15\">[15]<\/a>, tandis qu&rsquo;au large de la c\u00f4te Toscane d\u2019autres d\u00e9nominations viennent encore enrichir ce bestiaire insulaire&nbsp;: l&rsquo;\u00eelot<em>Cerboli<\/em> -dont le nom semble venir du cerf (<em>cervus <\/em>auquel fait \u00e9cho l&rsquo;ermite de l&rsquo;\u00eele d&rsquo;Elbe voisine, San Cerbone), les rochers de <em>Sparviera<\/em> (l&rsquo;\u00e9pervier), de <em>Troia<\/em> (la truie) et surtout ces <em>Formiche<\/em>, les fourmis (terme canonique dans la toponymie des \u00eeles, sous lequel se dissimulent en fait de petits r\u00e9cifs immerg\u00e9s particuli\u00e8rement redout\u00e9s de tous les marins), que l\u2019on retrouve dans le l\u00e9gendaire corse \u00e0 Grossetto,<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Transhumance insulaire<\/h2>\n\n\n\n<p>L&rsquo;importance occup\u00e9e par le bestiaire dans la toponymie insulaire fait aussi allusion \u00e0 des animaux domestiques. Dans la r\u00e9gion du Cap Corse, la chronique m\u00e9di\u00e9vale mentionne ainsi le petit \u00eelot de <em>Centuri<\/em>. Au travers d&rsquo;une formule \u00e9nigmatique \u00e9vocation plausible de la dimension mythique du personnage du \u00ab\u00a0Juge\u00a0\u00bb, <em>Giudice<\/em>, elle introduit \u00e0 un acteur important du bestiaire des \u00eeles, le cheval&nbsp;: \u00ab\u00a0Ce fut avec ses quatre fr\u00e8res [&#8230;] que Giovaninello fit alliance. Ils se r\u00e9unirent tous ensemble et se fortifi\u00e8rent au Cap-Corse, dans l&rsquo;\u00eele de Centuri [&#8230;] Giudice le sut, alla les attaquer, et [&#8230;] fit tous ses efforts pour passer avec les chevaux dans l&rsquo;\u00eele.\u00a0\u00bb S&rsquo;agit-il ici, comme le sugg\u00e8re l&rsquo;imaginatif AIMES<a id=\"_ftnref16\" href=\"#_ftn16\">[16]<\/a>&nbsp;, d&rsquo;une prise de possession d&rsquo;un territoire par un parcours \u00e0 cheval&nbsp;? Il existe effectivement une \u00eele du cheval, l&rsquo;\u00eele <em>Cavallo<\/em>, dans l&rsquo;archipel des <em>Lavezzi<\/em><a id=\"_ftnref17\" href=\"#_ftn17\">[17]<\/a>, voisine d\u2019un couple d&rsquo;animaux paraissant relever d\u2019interpr\u00e9tations plus prosa\u00efques de la toponymie insulaire. L&rsquo;archipel des <em>Cerbicales<\/em><a id=\"_ftnref18\" href=\"#_ftn18\">[18]<\/a>, allusion transparente \u00e0 la pr\u00e9sence de cervid\u00e9s, du latin \u201cCervus\u201d le cerf, est ainsi peupl\u00e9 d\u2019autres cornus, avec les \u00eeles du <em>Toro<\/em>, de la <em>Vacca<\/em> ou du <em>Torello<\/em>, le petit taureau<a id=\"_ftnref19\" href=\"#_ftn19\">[19]<\/a>. On retrouve en Sardaigne une \u00eele <em>Cornuta<\/em> (Cornue), qui prolonge cet archipel corse d\u00e9di\u00e9 aux Cervid\u00e9s, -dont il faudrait peut \u00eatre \u00e0 nouveau rapprocher le moine de l&rsquo;\u00eele d&rsquo;Elbe \u00e9voqu\u00e9 pr\u00e9c\u00e9demment, San Cerbone.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces d\u00e9nominations semblent en fait attester de la pr\u00e9sence de troupeaux, la pratique de la transhumance insulaire \u00e9tant attest\u00e9e en Corse depuis le Moyen Age. Les bergers s&#8217;embarquaient ainsi chaque ann\u00e9e avec leurs b\u00eates en direction de l&rsquo;archipel corso-sarde&nbsp;: \u00ab\u00a0Des vaches paissent pr\u00e9s des tombes\u201d, rapportait ainsi CARRINGTON lors de sa visite sur ces \u00eeles, ajoutant que&nbsp;: \u201cQuand on am\u00e8ne le taureau au troupeau depuis Bonifacio, on l&rsquo;attache \u00e0 la proue d&rsquo;un bateau par les cornes, et il suit \u00e0 la nage. C&rsquo;est au d\u00e9but du printemps qu&rsquo;a lieu ce voyage rituel qui rappelle les mythes de l&rsquo;antiquit\u00e9.\u00a0\u00bb <a id=\"_ftnref20\" href=\"#_ftn20\">[20]<\/a> Un autre t\u00e9moignage, d\u00fb \u00e0 VALERY, d\u00e9crit dans des termes analogues l&rsquo;\u00eele <em>Tavolara<\/em> -l&rsquo;ancienne <em>Hermae<\/em>, en Sardaigne&nbsp;: \u00ab\u00a0Habit\u00e9e par des troupes gracieuses de ch\u00e8vres sauvages [&#8230;] Elle a \u00e9t\u00e9 en quelque sorte donn\u00e9e par le roi de Sardaigne \u00e0 un berger corse [&#8230;] seul humain, qui, avec sa famille, habite ce d\u00e9sert.\u00a0\u00bb<a id=\"_ftnref21\" href=\"#_ftn21\">[21]<\/a> La Sardaigne conna\u00eet aussi une \u00eele <em>Caprera<\/em>, \u00e0 laquelle fait pendant la napolitaine <em>Capri<\/em>, dont la d\u00e9nomination passe pour venir de la pr\u00e9sence de ch\u00e8vres<a id=\"_ftnref22\" href=\"#_ftn22\">[22]<\/a>. Ces troupeaux insulaires s&rsquo;enrichissent &#8211; toujours dans la toponymie sarde, des \u00eeles du cochon &#8211;<em>Porco<\/em><strong>,<\/strong> et d&rsquo;une \u00eele aux poules &#8211;<em>Pecora<\/em>. Les \u00eeles <em>Galli<\/em> de Naples<strong> &#8211;<\/strong>qui port\u00e8rent autrefois le nom des sir\u00e8nes, confirment l&rsquo;extension d&rsquo;une d\u00e9nomination d\u00e9j\u00e0 connue des auteurs romains, avec la \u00ab\u00a0Gallini\u00e8re\u00a0\u00bb (<em>Gallinara<\/em>) d&rsquo;Albenga, en Ligurie, devant son nom aux colonies de poules sauvages qui la peuplait, les moines s&rsquo;y rendant encore au Moyen Age pour en r\u00e9colter les oeufs<a id=\"_ftnref23\" href=\"#_ftn23\">[23]<\/a>. On trouve encore une <em>Aenaria<\/em>, voisine de Capri<a id=\"_ftnref24\" href=\"#_ftn24\">[24]<\/a>, qui semblerait correspondre \u00e0 cette \u00ab\u00a0\u00eele aux \u00e2nes\u00a0\u00bb du nord de la Sardaigne &#8211;<em>Asinaria<\/em>. Parfois aussi nomm\u00e9e <em>Aenaria<\/em><a id=\"_ftnref25\" href=\"#_ftn25\">[25]<\/a>, elle tiendrait son nom d&rsquo;une race d&rsquo;\u00e2nes albinos qui la peuplait et \u00e9tait habit\u00e9e par des p\u00eacheurs et bergers corses&nbsp;: \u00ab\u00a0Deux cent quatre-vingt-huit bergers, log\u00e9s dans de m\u00e9chantes cabanes\u00a0\u00bb pr\u00e9cise VALERY<a id=\"_ftnref26\" href=\"#_ftn26\">[26]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>En filigrane \u00e0 ces explications \u00ab\u00a0\u00e9tiologiques\u00a0\u00bb, le registre vari\u00e9 du bestiaire laisse pourtant transpara\u00eetre une dimension l\u00e9gendaire. Ces formes insulaires du pastoralisme ne t\u00e9moigneraient-elles point, par exemple, de quelques survivances de rites ou de r\u00e9cits antiques&nbsp;? Les mythes grecs \u00e9voquent longuement ces troupeaux sacr\u00e9s qui r\u00e9sidaient sur les \u00eeles -th\u00e8me central dans l&rsquo;\u00e9pop\u00e9e civilisatrice d&rsquo;H\u00e9racl\u00e8s, et que l&rsquo;on retrouve avec la berg\u00e8re ligure Corsa. Suivant les p\u00e9r\u00e9grinations marines de son taureau, qui partait tous les matins dans la mer et en revenait le soir repu et satisfait, la berg\u00e8re-\u00e9ponyme d\u00e9couvre la Corse, cette \u00ab\u00a0\u00eele o\u00f9 les taureaux sont gras\u00a0\u00bb. Ces \u00eeles \u00ab\u00a0cornues\u00a0\u00bb pourraient ainsi repr\u00e9senter les lointains t\u00e9moignages d&rsquo;une antique \u00ab\u00a0g\u00e9ographie mythique\u00a0\u00bb insulaire. Iles d&rsquo;abondance -une abondance bien particuli\u00e8re, limit\u00e9e \u00e0 une esp\u00e8ce animale qui y pullule, c&rsquo;est ici -au del\u00e0 des rationalisations de l\u2019\u00e9tiologie, de l&rsquo;end\u00e9misme ou d\u2019une \u00ab\u00a0hypoth\u00e8se pastorale\u00a0\u00bb, que prennent place ces \u00eeles colonis\u00e9es par des animaux nuisibles -souvent reptiliens, comme ces \u00eelots sardes aux noms \u00e9vocateurs de <em>Bisce<\/em> (couleuvres) et <em>Serpentara<\/em>. Le bestiaire du serpent illustre exemplairement les aspects inqui\u00e9tants de cette f\u00e9condit\u00e9 insulaire. Il entre aussi dans le cadre d&rsquo;un renouveau de la vision des \u00eeles sous l&rsquo;influence de la pens\u00e9e mystique chr\u00e9tienne, s&rsquo;attachant \u00e0 la seconde grande cat\u00e9gorie de ces toponymes, les \u00ab\u00a0\u00eeles aux saints\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">L&rsquo;hagiographie insulaire &amp; les \u00eeles mal\u00e9fici\u00e9es<\/h2>\n\n\n\n<p>A l&rsquo;image de la \u00ab\u00a0Gallini\u00e8re\u00a0\u00bb ligure, exorcis\u00e9e par saint Hilaire<a id=\"_ftnref27\" href=\"#_ftn27\">[27]<\/a>, l&rsquo;ermite chr\u00e9tien ne voit sur les \u00eeles non tant des poules, que des serpents et autres reptiles, qu\u2019il expulse sans d\u00e9lai, pr\u00e9lude \u00e0 l&rsquo;installation en ces lieux de son ermitage -puis d&rsquo;un monast\u00e8re. Les mystiques chr\u00e9tiens du Haut-Moyen Age manifest\u00e8rent en effet une forte pr\u00e9dilection pour les \u00eeles, o\u00f9 ils s&rsquo;\u00e9panouirent dans la pratique d\u2019une asc\u00e8se des plus aust\u00e8res. La r\u00e9f\u00e9rence au r\u00e9cit mythique de la Gen\u00e8se fonde-t-elle, avec ces \u00ab\u00a0Iles aux serpents\u00a0\u00bb,&nbsp; l&rsquo;image d&rsquo;un Paradis Insulaire habit\u00e9 par la femme et le serpent&nbsp;? On peut plut\u00f4t inf\u00e9rer d\u2019une relecture chr\u00e9tienne d&rsquo;un motif plus ancien, ces m\u00eames \u00eeles \u00e9tant d\u00e9j\u00e0 bien connues du monde grec, qui leur donnait pour nom <em>Ophioussa<\/em>. Ces ermites semblent avoir \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sents sur les \u00eelots du littoral corse, o\u00f9 ils assuraient comme ailleurs l&rsquo;entretien d\u2019une infrastructure de phares et balises, h\u00e9rit\u00e9e du syst\u00e8me de navigation c\u00f4ti\u00e8re de l&rsquo;Empire romain<a id=\"_ftnref28\" href=\"#_ftn28\">[28]<\/a>. L&rsquo;expulsion des reptiles qui accompagnait ces retraites spirituelles n\u2019a toutefois pas laiss\u00e9 de trace en Corse. Mais \u00e0 cet exil volontaire des ermites chr\u00e9tiens vient ici s\u2019ajouter la rel\u00e9gation des \u00e9v\u00eaques africains sur l&rsquo;ensemble des \u00eeles de la r\u00e9gion. Exil -ou serpents semblent ainsi connoter un mal\u00e9fice insulaire dont attestent en Corse nombre de r\u00e9cits l\u00e9gendaires.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans les \u00e9tangs mar\u00e9cageux de la c\u00f4te orientale de la Corse, l\u2019\u00eele \u00ab\u00a0Sainte Marie<strong>\u00ab\u00a0<\/strong> aurait par exemple connu une \u00e9glise chr\u00e9tienne \u00e0 la d\u00e9coration macabre. Tibias dispos\u00e9s en croix, cr\u00e2nes sur l&rsquo;autel, ossements du pavement composent le tableau d&rsquo;un cimeti\u00e8re marin, r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 ceux qui mourraient en \u00e9tat de p\u00e9ch\u00e9 -\u00e0 la suite d&rsquo;un accident, crime ou noyade, ou encore aux supplici\u00e9s et aux excommuni\u00e9s<a id=\"_ftnref29\" href=\"#_ftn29\">[29]<\/a>. L&rsquo;\u00eele dite des p\u00eacheurs d\u00e9j\u00e0 mentionn\u00e9e lui fait pendant, cimeti\u00e8re de coquillages -coquilles d&rsquo;hu\u00eetres dont elle est enti\u00e8rement constitu\u00e9e et qui t\u00e9moignent de l&rsquo;antique vocation de cet \u00e9tang, en un lieu o\u00f9 est engloutie la romaine capitale de l&rsquo;\u00eele, Aleria<a id=\"_ftnref30\" href=\"#_ftn30\">[30]<\/a>. L&rsquo;\u00e9tang voisin de <em>Biguglia<\/em>, ou <em>Chiurlino<\/em>, est le si\u00e8ge d&rsquo;une autre l\u00e9gende de ville engloutie par les eaux&nbsp;: le ch\u00e2teau de la comtesse de Furiani, qui pers\u00e9cutait la fille du comte, la belle <em>Fior di Spina<\/em>. La cruelle mar\u00e2tre fut punie par ce cataclysme, \u00e0 l&rsquo;origine de la cr\u00e9ation du <em>Lagu Benedettu<\/em> -autre nom de ce lieu hautement mal\u00e9fique, ou plut\u00f4t \u00ab\u00a0mal\u00e9fici\u00e9\u00a0\u00bb<a id=\"_ftnref31\" href=\"#_ftn31\">[31]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Fragments d&rsquo;une tradition perdue, ces l\u00e9gendes s&rsquo;\u00e9clairent dans le cadre plus large d&rsquo;un \u00ab\u00a0folklore des \u00eeles\u00a0\u00bb, dont on rencontre \u00e0 travers les sources corses quelques uns des th\u00e8mes essentiels&nbsp;: les l\u00e9gendes des \u00eeles mal\u00e9fici\u00e9es rel\u00e8vent elles aussi d&rsquo;une g\u00e9ographie l\u00e9gendaire.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Lazarets<\/h2>\n\n\n\n<p>Parmi les nombreux saints qui laiss\u00e8rent leur nom \u00e0 des \u00eeles, on trouve, dans le d\u00e9troit qui s\u00e9pare la Corse de la Sardaigne, une \u00eele dite Saint-\u00c9tienne (<em>San-Estevan<\/em>)<a id=\"_ftnref32\" href=\"#_ftn32\">[32]<\/a>. Elle remplace, nous dit VALERY, le \u00ab\u00a0lazaret\u00a0\u00bb de l&rsquo;\u00eele dite de La Madeleine, o\u00f9 les voyageurs devaient encore, au si\u00e8cle dernier, satisfaire \u00e0 quelques jours de quarantaine<a id=\"_ftnref33\" href=\"#_ftn33\">[33]<\/a>. Ce terme de \u00ab\u00a0lazaret\u00a0\u00bb est \u00e0 rapprocher de la l\u00e9gende des Saintes Maries de la Mer, o\u00f9 Madeleine et Lazare d\u00e9barquent miraculeusement en Provence, confi\u00e9s au \u00ab\u00a0jugement de dieu\u00a0\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire abandonn\u00e9s sur une barque sans voile ni rames \u2013image par excellence de la navigation mystique ch\u00e8re aux moines chr\u00e9tiens<a id=\"_ftnref34\" href=\"#_ftn34\">[34]<\/a>. Parmi ces \u00ab\u00a0lazarets\u00a0\u00bb insulaires, le r\u00e9cit des barques charg\u00e9s de pestif\u00e9r\u00e9s qu&rsquo;exorcise un pr\u00eatre -les <em>Sette Nave<\/em> du golfe d&rsquo;Ajaccio \u00e9voqu\u00e9es plus haut, m\u00e9tamorphos\u00e9es en \u00eeles par une intervention divine, rel\u00e8ve du m\u00eame registre l\u00e9gendaire.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le contexte d&rsquo;une r\u00e9-interpr\u00e9tation chr\u00e9tienne, en r\u00e9f\u00e9rence au r\u00e9cit de la Gen\u00e8se, d&rsquo;un th\u00e8me qui n&rsquo;\u00e9tait plus compris, la L\u00e9gende Dor\u00e9e de Madeleine offre un autre t\u00e9moignage, \u00e9vocation de cette m\u00eame f\u00e9condit\u00e9 inqui\u00e9tante relev\u00e9e pr\u00e9c\u00e9demment dans le cadre du bestiaire des \u00eeles. Une f\u00e9condit\u00e9 li\u00e9e ici \u00e0 celle des morts, dans des termes dont CAISSON (1978) a relev\u00e9 en Corse d&rsquo;autres survivances&nbsp;: Madeleine, se manifestant en r\u00eave \u00e0 un couple de la noblesse locale, sut ainsi les convaincre d&rsquo;abandonner le sacrifice aux idoles, si les pri\u00e8res de la sainte leur permettaient d&rsquo;obtenir un enfant. Une fois le v\u0153u du couple st\u00e9rile exauc\u00e9, ils d\u00e9cident de se rendre en p\u00e8lerinage \u00e0 Rome. C&rsquo;\u00e9tait sans compter sur la temp\u00eate qui se l\u00e8ve au cours de la travers\u00e9e, et la mort de la femme alors qu&rsquo;elle met au monde son enfant. Les marins, superstition oblige, contraignent alors le p\u00e8re \u00e0 abandonner l&rsquo;enfant -avec le cadavre de la m\u00e8re, sur&nbsp;: \u00ab\u00a0une montagne qui apparut non loin du navire [&#8230;] A cause de la duret\u00e9 du rocher, nous rapporte VORAGINES<a id=\"_ftnref35\" href=\"#_ftn35\">[35]<\/a>, il ne pouvait creuser une fosse, il d\u00e9posa le corps dans un endroit retir\u00e9 [&#8230;] Au bout de deux ans il remonta dans un navire pour regagner son pays. Et le Seigneur permit qu&rsquo;il pass\u00e2t proche de la montagne o\u00f9 il avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9barqu\u00e9 [&#8230;]&nbsp; L&rsquo;enfant avait \u00e9t\u00e9 conserv\u00e9 plein de vie \u00e0 la pri\u00e8re de la bienheureuse Madeleine.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Au travers du th\u00e8me de la tombe insulaire se dessine ici un rituel fondateur, celui de la premi\u00e8re s\u00e9pulture, auquel sacrifi\u00e8rent abondamment les saints chr\u00e9tiens. Lors de l&rsquo;installation des moines irlandais sur l&rsquo;\u00eele d&rsquo;<em>Iona<\/em> -dans une autre aire culturelle, un contemporain de Saint Columba nous rapporte qu&rsquo;\u00e0 sa demande l&rsquo;un de ses disciples s&rsquo;offrit \u00e0 Dieu et mourut sans d\u00e9lai. Columba b\u00e2tit alors son \u00e9glise sur sa s\u00e9pulture<a href=\"#_ftn36\" id=\"_ftnref36\">[36]<\/a>, prenant possession du sol ainsi sacralis\u00e9. Acte fondateur dont la dimension fun\u00e9raire est bien celle g\u00e9n\u00e9ralement d\u00e9volue \u00e0 ces serpents et dragons qui hantent les l\u00e9gendes m\u00e9di\u00e9vales, enrichissant d\u2019une interpr\u00e9tation \u201c\u00e0 plus haut sens\u201d ce Bestiaire qui s\u2019attache plus particuli\u00e8rement, comme on l\u2019a vu, \u00e0 la toponymie des \u00eeles.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">R\u00e9f\u00e9rences bibliographiques<\/h2>\n\n\n\n<p>AIMES Paolo. \u00ab\u00a0La Pietra tutti, l\u00e9gendes et folklore en Corse\u00a0\u00bb, <em>Revue de la Corse<\/em>, 1938.<\/p>\n\n\n\n<p>ANGELIS Gaston d&rsquo;, GIORGI Don, <em>Guide de la corse myst\u00e9rieuse<\/em>, Paris, Tchou, 1968.<\/p>\n\n\n\n<p>AN., <em>Bastia, regards sur son pass\u00e9<\/em>, Berger Levrault, 1983.<\/p>\n\n\n\n<p>CAISSON Max, \u00ab\u00a0Fronti\u00e8res et limites\u00a0\u00bb, in <em>Pieve e Paesi<\/em>, ouvrage collectif, Marseille, CNRS, 1978.<\/p>\n\n\n\n<p>CARRINGTON Dorothy,<em> Corse, \u00eele de granit<\/em>, Paris, Arthaud, 1980.<\/p>\n\n\n\n<p><em>EAU SACREE, EAU PROFANE<\/em>, Catalogue de l&rsquo;exposition, (dir. Castellana, R., Jama, S.), Draguignan, Mus\u00e9e Arts et Traditions Populaires de Moyenne Provence, 1992.<\/p>\n\n\n\n<p>CABROL Dom F., LECLERCQ H., <em>Dictionnaire d&rsquo;arch\u00e9ologie chr\u00e9tienne et de liturgie<\/em>,&nbsp; Paris, 1924-1950, 15 tomes.<\/p>\n\n\n\n<p><em>ENCICLOPEDIA ITALIANA DELLE SCIENZE, LETTERE ED ARTI<\/em>, sotto l&rsquo;alto patronato di S.M. il Re d&rsquo;Italia, imperatore di Etiopia, Roma, Istituto della Enciclopedia Italiana, 1937-1945.<\/p>\n\n\n\n<p>GREGOROVIUS Ferdinand, <em>Corsica et Voyage en Corse<\/em>, Bastia, Bulletin de la Soci\u00e9t\u00e9 des Sciences Historiques et Naturelles de la Corse, 1883.<\/p>\n\n\n\n<p><em>L&rsquo;UNIVERSO<\/em>, Rivista dell&rsquo;Istituto Geografico Militare, Janvier, Anno LXVI, Firenze, 1986.<\/p>\n\n\n\n<p><em>LE MEMORIAL DES CORSES<\/em>, F. Pomponi dir., Des origines \u00e0 Sampiero, Ajaccio, 1981.<\/p>\n\n\n\n<p>MORRACHINI-MAZEL Genevi\u00e8ve, \u00ab\u00a0La Corse selon Ptol\u00e9m\u00e9e\u00a0\u00bb, <em>Cahiers Corsica<\/em>, 188, Bastia, 1989.<\/p>\n\n\n\n<p>MULTEDO Roccu, <em>Le \u00ab\u00a0mazzerisme\u00a0\u00bb et le folklore magique de la Corse<\/em>, Nice, Adecec, 1975.<\/p>\n\n\n\n<p>SCHMUCKHER Aidano. <em>Folklore in Liguria, <\/em>Genova, Cassa di Risparmio di Genova e Imperia, 1989.<\/p>\n\n\n\n<p>VALERY Paul, <em>Voyage en Corse, \u00e0 l&rsquo;\u00eele d&rsquo;Elbe et en Sardaigne<\/em>, Paris, Bourgeois Maze, 1837, 2 tomes.<\/p>\n\n\n\n<p>VORAGINES Jacques de, <em>La L\u00e9gende Dor\u00e9e<\/em>, Paris, 1942.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref1\" id=\"_ftn1\">[1]<\/a> Cit\u00e9 in M\u00c9MORIAL 1981<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref2\" id=\"_ftn2\">[2]<\/a> GREGOROVIUS 1883 : 22.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref3\" id=\"_ftn3\">[3]<\/a> I.G.M. in L&rsquo;UNIVERSO 1986<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref4\" id=\"_ftn4\">[4]<\/a> VALERY 1837 cit\u00e9 in BASTIA 1983 qui publie l&rsquo;iconographie (voir aussi D\u2019ANGELIS 1968).<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref5\" id=\"_ftn5\">[5]<\/a> Parmi les plus anciens documents publi\u00e9s, en ce qui concerne la Corse, on trouve des cartes arabes, qui attendent un traducteur. Il existerait par ailleurs un important fonds manuscrit non encore exploit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref6\" id=\"_ftn6\">[6]<\/a> Absence due \u00e0 notre ignorance: que l&rsquo;on se reporte ici m\u00eame \u00e0 la communication de J.P. DALBERA<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref7\" id=\"_ftn7\">[7]<\/a>&nbsp; SCHMUCKHER 1989 d&rsquo;apr\u00e8s MUSANTE 1912&nbsp;: 4-6<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref8\" id=\"_ftn8\">[8]<\/a> Aussi d\u00e9nomm\u00e9e Rossa ou dell&rsquo;Oro (LEANDRO ALBERT 1568), Rossato dore (GERHARD MERCATOR 1607), Rossa et dell&rsquo;Oro (VAN KEULEN 1680), Rossa (MONATH 1737), Rozza (ELLIS 1768)<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref9\" id=\"_ftn9\">[9]<\/a> D&rsquo;apr\u00e8s MULTEDO 1975.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref10\" id=\"_ftn10\">[10]<\/a> MAGINI 1620. On trouve par la suite Finocchiaruola (VAN KEULEN 1680), Figarone (MICHELOT BREMARD 1719), Finocchiarola ou Figaroni (BELIN 1769).<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref11\" id=\"_ftn11\">[11]<\/a> PLINE, H.N., III, 6, 80-83, cit\u00e9 par D\u2019ANGELIS 1968:38.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref12\" id=\"_ftn12\">[12]<\/a> SEUTTER 1730.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref13\" id=\"_ftn13\">[13]<\/a> VALERY 1837: II, 255-257.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref14\" id=\"_ftn14\">[14]<\/a> Nomm\u00e9es Monessi (CAMOCCIO 1570), Monaqui (MATTHIAS QUAD 1596), Monegi (MAGINI 1620), Monagui (JANSSON 1666), Monegi (CORONELLI 1698), Les Moines (MICHELOT BREMARD 1719), Managni (1735), Monichi (CLERMONT&nbsp; 1769).<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref15\" id=\"_ftn15\">[15]<\/a> BELIN 1769<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref16\" id=\"_ftn16\">[16]<\/a> Chronique de GIOVANNI DELLA GROSSA 1888, cit\u00e9e par AIMES 1938&nbsp;: 187. Voir aussi LEANDRO ALBERT 1568.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref17\" id=\"_ftn17\">[17]<\/a> Ces \u00eeles sont mentionn\u00e9s assez tardivement sur les cartes malgr\u00e9 l&rsquo;importance de l&rsquo;archipel: Cauello et Lauezzi en 1730 (SEUTTER)<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref18\" id=\"_ftn18\">[18]<\/a> Leur d\u00e9nomination est fluctuante: Iles Pittonare (LEANDRO ALBERT 1568) Pitonare et Cigli (CAMOCCIO 1570) Picconare&nbsp; (BERTIUS 1602) Erbicara (GERHARD MERCATOR 1607) Cerbigari et Degary (MAGINI 1620) Cibriciaie, Pittionare et Cottelazzi (SEUTTER 1730) Cigili et Cottelazzi (HOMAN 1732) Sibrigaglia et Pelitore (ROBERT DE VAUGONDY 1756) La Chiapa, Pelitore et Cebricaglie (CLERMONT 1769) Cibricaglie (BELIN 1769) Le Cibiciaie, La Minora, S. Suera, La Servi (BELIN 1769)<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref19\" id=\"_ftn19\">[19]<\/a> Selon SEUTTER 1730, aussi nomm\u00e9e Tauro (ROBERT DE VAUGONDY 1756)<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref20\" id=\"_ftn20\">[20]<\/a> CARRINGTON 1980: 184.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref21\" id=\"_ftn21\">[21]<\/a> VALERY 1837: II, 8-9<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref22\" id=\"_ftn22\">[22]<\/a> Encore qu&rsquo;on y mentionne aussi des sangliers, comme sur l&rsquo;Ischia corse de San-Damianu.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref23\" id=\"_ftn23\">[23]<\/a> VARRON, <em>de re rustica<\/em>, III,IX,17, et COLUMELLE, VIII, 2 (cit\u00e9s in ENC IT 1934)<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref24\" id=\"_ftn24\">[24]<\/a> Cit\u00e9e par ENC IT 1934 d&rsquo;apr\u00e8s CANALE 1887.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref25\" id=\"_ftn25\">[25]<\/a> Les cartographes du Moyen Age usaient indiff\u00e9remment des termes d&rsquo;Asenara, ou (A)cinara. Sur la l\u00e9gende de l&rsquo;\u00eele, voir AIMES l938&nbsp;:&nbsp; 11<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref26\" id=\"_ftn26\">[26]<\/a> VALERY 1837: II, 64-65.On retrouve une autre de ces \u00eeles aux \u00e2nes, l&rsquo;\u00eele Asinelli, en Sicile, au large du Mont Eryx..<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref27\" id=\"_ftn27\">[27]<\/a> L&rsquo;exorcisme de l&rsquo;\u00eele Gallinara est un r\u00e9cit type, que l&rsquo;on retrouve avec quelques variantes sur la plupart des \u00eeles, notamment sur les c\u00f4tes proven\u00e7ales voisines, sur l\u2019\u00eele de L\u00e9rins.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref28\" id=\"_ftn28\">[28]<\/a> C&rsquo;est l&rsquo;hypoth\u00e8se que d\u00e9fend MORRACCHINI (1989)<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref29\" id=\"_ftn29\">[29]<\/a> De plus sur le fronton un bas relief repr\u00e9sentant deux t\u00eates aux cheveux divis\u00e9s sym\u00e9triquement. L&rsquo;information, rapport\u00e9e par D&rsquo;ANGELIS 1968, est cependant ni\u00e9e par les arch\u00e9ologues.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref30\" id=\"_ftn30\">[30]<\/a> On retrouve par ailleurs cette association du cimeti\u00e8re marin avec l&rsquo;\u00eele aux coquillages, jusqu&rsquo;en Afrique, ce qui semblerait attester d&rsquo;un motif propre au folklore des \u00eeles, qui ont souvent abrit\u00e9 des tombeaux, et plus particuli\u00e8rement ceux de ces saints ermites insulaires. 0n rencontre ainsi une \u00eele aux coquillages \u00e0 Fadiouth au S\u00e9n\u00e9gal, o\u00f9 l&rsquo;on emmenait les morts en pirogue (EAU SACR\u00c9E 1992).<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref31\" id=\"_ftn31\">[31]<\/a> D&rsquo;apr\u00e8s D\u2019ANGELIS 1968. On nous dit aussi que \u00ab\u00a0dans cet \u00e9tang se trouve une \u00eele o\u00f9 l&rsquo;on fait souvent de belles chasses de sanglier. Cet endroit s&rsquo;appelle l&rsquo;Ile. Il y a encore deux petites \u00eeles [&#8230;] Ischia nova [&#8230;] et Ischia Vecchia.\u00a0\u00bb rapporte GIUSTINIANO (BULLETIN HISTORIQUE 1888, 54), d\u00e9nomination confirm\u00e9e par LEANDRO ALBERT 1568, et toujours AIMES (1938: 262) -ajoutant que l&rsquo;\u00eele de Biguglia est aussi nomm\u00e9e Asilone, ou Asiglione, c&rsquo;est \u00e0 dire l&rsquo;asile, le refuge, terme qui pourrait faire ici allusion \u00e0 un antique ermitage. Ischia, ou Lischia, c&rsquo;est \u00e0 dire l&rsquo;\u00eele, appara\u00eet donc comme une \u00ab\u00a0\u00eele aux sangliers\u00a0\u00bb,&nbsp; qui prend place dans le bestiaire insulaire, et dont AIMES souligne la dimension mythique: Rel\u00e8verait-elle de ce Forco-Porco -roi l\u00e9gendaire de la Corse, ou du th\u00e8me des chasses fantastiques, bien connues en Corse sous le nom de \u00ab\u00a0Mazz\u00e9risme\u00a0\u00bb?<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref32\" id=\"_ftn32\">[32]<\/a> Carte de BELIN 1769<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref33\" id=\"_ftn33\">[33]<\/a> Selon le t\u00e9moignage de VALERY 1837: II, 2-3<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref34\" id=\"_ftn34\">[34]<\/a> VORAGINES l942. Lazare, que le Christ ressuscita des morts, passait pour le premier \u00e9v\u00eaque de Marseille, qui pr\u00e9tendait conserver ses reliques, Madeleine pour avoir v\u00e9cu en ermite dans les montagnes voisines. Quand \u00e0 leur compagne Marthe, elle d\u00e9barrassa Tarascon de son dragon, la Tarasque, \u00e9pisode mis en sc\u00e8ne au cours de la f\u00eate de la sainte, o\u00f9 l&rsquo;on processionnait une effigie du monstre.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref35\" id=\"_ftn35\">[35]<\/a> VORAGINES 1942<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref36\" id=\"_ftn36\">[36]<\/a> DOM CABROL-LECLERCQ, <em>Dictionnaire d&rsquo;arch\u00e9ologie chr\u00e9tienne et de liturgie<\/em>,&nbsp; Paris, 1924-1950: VII, p1431.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>CASTELLANA Robert. TOPONYMIE L\u00c9GENDAIRE DES ILES CORSES. Actes des 3\u00b0 Journ\u00e9es Universitaires Corses de Nice, 19-20 mai 1995, Nice, Centre d&rsquo;Etudes Corses, UNSA, 1996, ISBN&#8230;<\/p>\n<div class=\"more-link-wrapper\"><a class=\"more-link\" href=\"http:\/\/www.italia.listephoenix.com\/?page_id=7607\">Continue reading<span class=\"screen-reader-text\">Insularit\u00e9 et hagiographie<\/span><\/a><\/div>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":7592,"menu_order":12,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"footnotes":""},"class_list":["post-7607","page","type-page","status-publish","hentry","entry"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.italia.listephoenix.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/7607","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.italia.listephoenix.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.italia.listephoenix.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.italia.listephoenix.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.italia.listephoenix.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=7607"}],"version-history":[{"count":9,"href":"http:\/\/www.italia.listephoenix.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/7607\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7876,"href":"http:\/\/www.italia.listephoenix.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/7607\/revisions\/7876"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.italia.listephoenix.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/7592"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.italia.listephoenix.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=7607"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}